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Introduction

Les changements climatiques, qui peuvent être définis par une perturbation, à long terme, des paramètres climatiques habituels tels que les températures moyennes, les précipitations et les vents qui caractérisent une région donnée de la Terre, représentent l'un des défis majeurs auxquels l'humanité serait confrontée durant le siècle courant.

La majorité des études scientifiques a démontré que l'accroissement des températures moyennes de la Terre est désormais une réalité prouvée; et que l'augmentation des concentrations des gaz à effet de serre (GES) dans l'atmosphère, due aux activités humaines, principalement le dioxyde de carbone, émis lors de la combustion des énergies fossiles comme le pétrole et le charbon, contribue de manière importante au renforcement de l'effet de serre global et le dérèglement du forçage radiatif, et par conséquent à l'intensification du phénomène des changements climatiques.

Les experts du climat prévoient que les changements climatiques auraient des répercussions importantes sur les équilibres écologiques, la santé humaine et le développement durable de manière générale; en particulier dans les pays en développement qui ne disposent pas des moyens de riposte et d'adaptation à ce phénomène global.

Etant donné les conséquences potentielles de l'élévation des températures moyennes sur les systèmes écologiques, les ressources naturelles et les activités économiques, à moyen et long termes, la communauté internationale a accordé une importance capitale à cette problématique, qui s'est traduite, en particulier, par l'adoption d'une convention internationale sur les changements climatiques lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992.

Le présent rapport expose les principaux programmes et mécanismes internationaux adoptés dans le but d'atténuer les effets potentiels du changement climatique ainsi que les programmes et les projets élaborés, ou en cours d'exécution en Tunisie, dans le cadre de la mise en œuvre de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques et du Protocole de Kyoto à cette convention.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES À L’ÉCHELLE INTERNATIONALE

L’année 2006 a été marquée par la publication des premiers résultats des travaux du Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat (GIEC), menés dans le cadre de l’élaboration du quatrième rapport d’évaluation de ce Groupe; qui a été créé en 1988 de manière conjointe par l’Organisation Météorologique Mondiale et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement. Selon les premières conclusions de ces travaux, le réchauffement de la Terre est désormais une certitude confirmée par les observations de l'accroissement des températures moyennes mondiales de l'atmosphère et des océans, la fonte généralisée de la neige et de la glace, et l'élévation du niveau moyen mondial de la mer.

A l’échelle des continents, des régions et des bassins océaniques, de nombreux changements à long terme du climat ont été observés, tels que le changement de la température et de la glace arctiques, les variations des précipitations dans toutes les régions du monde et de la salinité des océans, et l'augmentation de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes, comme les sécheresses, les inondations et les vagues de chaleur.

Le GIEC établit, en conclusion de ses travaux, que l’augmentation des émissions de GES d'origine anthropique est très vraisemblablement responsable de l’élévation de la température moyenne globale depuis le milieu du

20ème siècle. On peut maintenant discerner les influences humaines sur l’augmentation des températures des océans et des continents, sur les températures extrêmes et sur la structure des vents. Ce qui est considéré comme une importante évolution par rapport aux conclusions du 3ème rapport du GIEC paru en 2001.

A court et moyen termes, le rapport du GIEC annonce que l’augmentation de la température moyenne globale serait de 0,2°C tous les dix ans, et ce durant les deux prochaines décennies; tout en soulignant, que même en cas de stabilisation des concentrations de tous les GES et des aérosols dans les proportions de l’an 2000, cette augmentation serait de l’ordre de 0,1°C par décennie au cours des 20 prochaines années.

Le rapport du GIEC conclut également que la poursuite des émissions de gaz à effet de serre au niveau actuel ou au-dessus provoquerait un réchauffement supplémentaire et induirait de nombreux changements dans le système climatique global au long du 21ème siècle, qui seraient très vraisemblablement plus importants que ce qui a été observé au cours du 20ème siècle.

En outre, et selon les six familles de scénarios socio-économiques du GIEC, le réchauffement global moyen se situerait entre 1,1°C et 6,4 °C à l’horizon 2100 alors que le niveau moyen mondial de la mer augmenterait de 18 à 59 cm d’ici la fin du 21ème siècle.

 

Simulations des modifications dans les températures moyennes globales de surface pour le début et la fin du 21ème siècle, par rapport à la période 1980-1990, selon les scénarios du GIEC

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES EN TUNISIE

L’approche tunisienne en matière de prévention des impacts potentiels des changements climatiques s’est basée essentiellement sur :

● La coordination avec toutes les structures et organisations internationales et la participation à l’effort mondial de lutte contre le changement climatique dans le cadre des conventions et des traités des Nations Unies élaborés à cet effet.

● Le renforcement du cadre institutionnel.

● L’élaboration des communications nationales au titre de la Convention sur les Changements Climatiques et leur mise à jour régulière.

● La réalisation d’études de vulnérabilité des écosystèmes et des secteurs économiques face aux effets potentiels des changements climatiques.

● L'élaboration de plans d'action pour l'identification des méthodes appropriées visant l’adaptation des écosystèmes et des secteurs économiques au changement climatique.

 

RESPECT DES ACCORDS INTERNATIONAUX RELATIFS AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Convaincue de l’importance de la solidarité internationale pour la protection de l’environnement mondial, la Tunisie a signé la Convention Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques lors du Sommet de la Terre, à Rio, en 1992 et l’a ratifiée en juillet 1993. La Tunisie a également adhéré au

Protocole de Kyoto dès 2002, avant l'entrée en vigueur de ce protocole, en février 2005.

 

RENFORCEMENT DU CADRE INSTITUTIONNEL LIÉ AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Dès décembre 2004, la Tunisie a satisfait à une des importantes conditions d'éligibilité au Mécanisme de Développement Propre, instauré en vertu du Protocole de Kyoto, en l'occurrence la création d’un Bureau National de suivi et de coordination des mesures liées au Mécanisme de Développement Propre.

 

ELABORATION DE LA COMMUNICATION NATIONALE SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET INVENTAIRE DES GES

● Réalisation de la 1ère communication nationale en novembre 2001. L'élaboration de ce rapport étant la seule obligation des pays en développement.

● Elaboration de l'inventaire national des GES et de leurs sources pour les deux années de référence 1994 et 1997; et pour le secteur de l'énergie pour l'année de référence 2000.

● Réalisation des études d’évaluation du potentiel de réduction des émissions des GES dans les secteurs de l’énergie, de l’agriculture, des forêts et de gestion des déchets.

Selon les études menées à l’échelle nationale dans le cadre du renforcement des capacités pour l’élaboration de la 1ère communication nationale relative à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), la moyenne des émissions des GES en Tunisie ne dépassait pas 2,66 Tonnes équivalent CO2 (TE-CO2) par habitant en 1994 et 2,92 TE-CO2 en 1997. En terme de PIB, cet indicateur est passé de 1,8 TE-CO2 par 1000 dinars en 1994 à 2,1 TE-CO2 par 1000 dinars en 1997. Dans la perspective d’élaboration de la 2ème communication nationale, une mise à jour de cet indicateur est actuellement en cours par rapport à l’année de référence 2000.

Répartition des pourcentages des émissions brutes de GES par source pour l'année 1994 Répartition des pourcentages des émissions brutes de GES par source pour l'année 1997.

En 2006, la 2ème communication nationale a été lancée avec l’objectif de la déposer auprès du Secrétariat de la CCNUCC au cours de l’année 2008. Cette 2ème communication portera sur une mise à jour des études relatives à l’inventaire des GES et des programmes de réduction des émissions ainsi que la stratégie d’adaptation au changement climatique.

 

ELABORATION D’ÉTUDES DE VULNÉRABILITÉ DES ÉCOSYSTÈMES ET DES SECTEURS ECONOMIQUES FACE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Les études de vulnérabilité ont démontré que la situation géographique de la Tunisie et la fragilité de ses écosystèmes naturels la rendent particulièrement vulnérable face aux impacts potentiels de l'élévation de la température moyenne dont, et surtout, l’augmentation du niveau de la mer, la réduction des réserves en eau douce à cause de l’accroissement de la salinisation et de l’évaporation, de la perturbation de la saison des pluies, outre les impacts issus de la régression du rendement économique d’importantes zones basses du littoral qui sont menacées par l’élévation du niveau de la mer. Pour cela, la Tunisie a oeuvré à l’exécution de nombreux programmes et projets dont les plus importants sont :

● L'élaboration d’une étude sur l’adaptation de l’agriculture et des écosystèmes aux changements climatiques.

● L'élaboration d’une étude sur les impacts de l’élévation du niveau de la mer sur les écosystèmes marins et sur l’économie des régions littorales exposées à ce risque.

Dans ce qui suit, les résultats des deux études suscitées :

 

ETUDE SUR L’ADAPTATION DE L’AGRICULTURE ET DES ÉCOSYSTÈMES AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Parmi les résultats les plus saillants de l’étude ordonnée par Monsieur le Président de la République en vue d’élaborer une stratégie d’adaptation de l’agriculture et des écosystèmes au changement climatique, on peut citer:

En tenant compte des prévisions du changement climatique à l’horizon 2020, en comparaison avec la période de référence 1961-1990 :

● La zone Nord, du Cap Bon au Nord-ouest: augmentation de la température moyenne d'environ 0,8°C.

● Du Sud-ouest à l’extrême Sud : augmentation de la température moyenne d’environ 1,3°C.

● Des limites du Nord-ouest au Sud-est : augmentation de la température moyenne d’environ 1°C.

Les modèles de calcul adoptés indiquent que les précipitations moyennes annuelles vont baisser de 5% au Nord, de 8% au Cap-Bon et au Nord-Est et de 10% à l’extrême Sud à l’horizon 2020. A l’horizon 2050, la baisse des moyennes pluviométriques annuelles variera de 10% au Nord-ouest à 30% à l’extrême Sud du pays.

 

Elévations prévues des températures moyennes annuelles (en °C) à l’horizon 2020 (à gauche)

et à l’horizon 2050 (à droite) en comparaison avec la période de référence 1961 - 1990

 

 

 Baisses prévues des précipitations moyennes annuelles (en %) à l’horizon 2020 (à gauche)

et à l’horizon 2050 (à droite) en comparaison avec la période de référence 1961 – 1990


 

 


 

En Tunisie, les changements climatiques peuvent affecter en particulier les ressources hydrauliques, les écosystèmes, l'agriculture (production de l’huile d’olive, arbres fruitiers, élevage, cultures fourragères), et l’économie d’une façon générale. De même que les tensions sur les agriculteurs et sur leurs  exploitations seront accentuées avec le risque que certaines activités agricoles ne pourraient pas s’adapter, à l'avenir, aux phénomènes extrêmes des changements climatiques.

L’étude a débouché sur une stratégie globale et un plan d’action pour l’adaptation de l’agriculture et des écosystèmes qui recommandent essentiellement :

● la mise en place d’un système d’alerte climatique précoce, le développement des systèmes météorologiques et la diffusion des informations climatologiques à tous les secteurs.

● le renforcement du programme de gestion des ressources hydrauliques avec la prise en compte des écosystèmes de ces ressources vitales.

● la persévérance dans l’application de la carte agricole et sa mise à jour en fonction des changements climatiques prévus.

● l’amélioration des capacités des écosystèmes, comme les forêts, à s’adapter au changement climatique et le renforcement des programmes en cours d’élaboration dans ce domaine.

● L'élévation de la question du changement climatique au rang des préoccupations nationales et l'identification des moyens de bénéficier des opportunités offertes par les mécanismes internationaux tel que le Fonds d’Adaptation créé dans le cadre du Protocole de Kyoto.

● La promotion des mécanismes institutionnels, des incitations financières, de la recherche scientifique, du système d'assurances et de réassurances et la consolidation de la coordination entre les différents secteurs pour la mise en oeuvre du plan d'action national d'adaptation aux changements climatiques.

En ce qui concerne les effets de l’élévation du niveau de la mer sur le littoral, les résultats de la première étape de l’étude entamée en 2006 dans le cadre de l’élaboration de la 2ème communication nationale indiquent qu’une augmentation du niveau de la mer de 50 cm à l’horizon 2100 (prévision extrême sur la base des scénarios du GIEC) est susceptible d’accentuer l’érosion marine dans diverses régions littorales relativement très basses comme certaines sebkhas situées dans le golfe de Hammamet et au Cap-Bon ainsi que des parties des rivages des lacs Ichkeul et Ghar El Melh et des îles de Kerkennah, Djerba et Kneïs. Cette élévation potentielle du niveau de la mer aurait aussi des impacts sur diverses composantes environnementales et sur les ressources naturelles côtières particulièrement les ressources hydrauliques, et la biodiversité marine, outre certains édifices côtiers.

Sur la base des scénarios du GIEC relatifs à l’augmentation des températures moyennes et des niveaux des mers et des océans, l’étude a démontré également que l’hypothèse d’une augmentation du niveau de la mer de 50 cm à l’horizon 2100 engendrerait une avancée de la mer vers la terre ferme surtout au niveau des basses zones littorales tels que les zones humides (sebkhas, lacs, oueds) et les îles :

 Les forêts sont particulièrement sensibles à l’augmentation prévue des températures moyennes

Les ressources hydrauliques sont particulièrement sensibles à l’augmentation prévue des températures moyennes

● Delta de l'Oued Medjerda : dans le cas d’une augmentation continue des températures moyennes avec le niveau actuel et selon le scénario extrême prévu, l’étude a démontré que des superficies de l'ordre de 2600 ha seront exposées à l’érosion marine et à une perte de fertilité.

● Ensemble des sebkhas du Cap-Bon : selon l’étude et le scénario extrême susmentionné, plus de 10 sebkhas couvrant 730 ha seront transformées en lagunes entourées de zones humides étendues sur environ 730 ha.

● Golfe de Hammamet : selon le même scénario extrême, la région serait exposée à l’érosion marine sur une superficie totale d'environ 1900 ha surtout au niveau de Sebkhat Sidi Khelifa, et il est prévu qu’une partie de Sebkhat Halk El Menjel se transforme en lagune couvrant 1400ha.

● Archipel de Kerkennah : le scénario prévoit le morcellement de l’archipel en un plus grand nombre d’îlots (environ 30% de la superficie totale de l’archipel serait exposée à l’érosion marine).

● Île de Djerba : l’étude démontre que plus de 3400ha des zones humides de l’île sont menacés par l’érosion marine surtout dans les zones de Ras Rmal et Bin-el-ouedien. Dans ce contexte, il est important de souligner qu’un programme global de maîtrise de la gestion des zones côtières a été mis en place, depuis 1995, afin de protéger les ressources naturelles existantes et prévenir les impacts de l’érosion marine. Le programme se base essentiellement sur :

● la mise en place d’un observatoire du littoral : l’objectif est d’assurer le suivi de l’évolution du littoral et la limitation des impacts issus des activités économiques sur la bande littorale.

● la délimitation du domaine public maritime (DPM) : élaboration des plans d'occupation et de suivi des activités économiques à l’effet de maîtriser la gestion du DPM et de garantir son équilibre, sa durabilité ainsi que la préservation des écosystèmes côtiers.

● L’élaboration d’un programme national de gestion des zones humides côtières : l’objectif est la protection de ces zones contre la pollution, leur réhabilitation et leur aménagement. Sept modèles de gestion ont été, à ce titre, mis au point pour sept sebkhas côtières : Ariana, Kélibia, Soliman, Moknine, Béni Ghayadha, Radès et Essijoumi.

● L’élaboration d’un programme national de protection des côtes contre l’érosion:

Une première étude menée à cet effet a fixé à 100 Km l’étendue des côtes exposées à l’érosion marine dont 40 Km de plages prioritaires. La première phase des interventions, qui consisteront à alimenter artificiellement les plages, s’effectuera au cours du 11ème Plan. D’autres programmes et projets sont en

cours de réalisation visant l’intervention dans les zones côtières abritant des écosystèmes vulnérables ou subissant de fortes pressions dues au  développement des activités économiques, tels que :

● Le projet de préservation des richesses marines et côtières dans le golfe de Gabès Le projet, qui a démarré en septembre 2005 et qui durera 5 ans, visela préservation de la diversité biologique du golfe de Gabès à travers la mise en place d’un programme d’action intégré basé sur le suivi et la gestion participative. Des zones pilotes d’intervention ont été identifiées à partir de leurs spécificités environnementales et écologiques (Kneïs, Kerkenah, El bibane, Boughrara et l’oasis côtier de Gabès).

Des études ont été, par ailleurs, lancées récemment pour évaluer les impacts des changements climatiques sur le secteur de la santé et pour développer le système d’alerte précoce climatique pour les phénomènes extrêmes tels que la sécheresse et les inondations.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES MÉCANISMES INTERNATIONAUX DANS LE DOMAINE DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Le Protocole de Kyoto exige des pays industrialisés la réduction de leurs émissions de GES de 5,2 % en moyenne entre 2008 et 2012 et leur permet d’exploiter trois mécanismes dits "de flexibilité" afin de respecter leurs engagements : " la Mise en oeuvre Conjointe", " l'Echange des Permis d’émissions" et « le Mécanisme de Développement Propre » (MDP). Parmi ces mécanismes, le MDP est le seul qui implique les pays en développement; dans la mesure où il permet aux pays industrialisés ou à des investisseurs privés de ces pays de participer à la mise en oeuvre, dans des pays en développement,

de projets contribuant à la réduction des émissions des GES et d’acheter une part de ces réductions dans la perspective de concrétiser les objectifs du Protocole de Kyoto. Les pays en développement bénéficient ainsi des revenus de ces ventes, du transfert technologique et des investissements étrangers; ce qui est en mesure de renforcer les efforts pour le développement durable dans ces pays.

Les spécificités d'un projet de Mécanisme de Développement Propre (MDP) :

● Projet permettant la réduction ou l'évitement des émissions de GES cités dans le Protocole de Kyoto dont principalement le dioxyde de carbone, le méthane et l'oxyde nitreux.

● Secteurs concernés : énergie, gestion des déchets, procédés industriels, utilisation des solvants, agriculture et forêts (boisement et reboisement).

● La nécessité de réaliser une étude du projet obéissant à des normes internationales adoptées par la Réunion des Parties au Protocole de Kyoto, dont :

● La démonstration que le projet permettra une réduction des émissions des GES par comparaison avec la ligne de base ou de référence qui correspond aux émissions de GES en l’absence de ce projet

● S’assurer du facteur additionnalité c’est-à-dire que l’exécution du projet est tributaire de son enregistrement en tant que projet MDP.

● Pour le calcul des réductions prévues des émissions, le promoteur du projet a le choix, en fonction des spécificités du projet, entre une période de 10 ans non renouvelable ou de 7 ans renouvelable deux fois pour les projets relevant des domaines de l’énergie, de la gestion des déchets et des procédés industriels.

● Pour les projets de boisement et de reboisement, le promoteur peut choisir une période de 30 ans non renouvelable ou de 20 renouvelable une fois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MISE EN OEUVRE DU MÉCANISME DE DÉVELOPPEMENT PROPRE À L’ÉCHELLE NATIONALE

Dans le cadre de l’exécution du Protocole de Kyoto, de nombreuses initiatives ont été prises pour la mise en place des conditions adéquates permettant d’exploiter les opportunités de financement et d’investissement offertes par le MDP, dont notamment :

● L'élaboration d’une stratégie nationale de mise en oeuvre du MDP en Tunisie.

● L'élaboration d’un portefeuille de projets susceptibles de réduire les émissions de GES dans les secteurs de l’énergie, du transport, de la gestion des déchets, des forêts et de l’agriculture.

● L'élaboration d’un portefeuille de projets dans le domaine de la maîtrise de l’énergie et du développement des énergies renouvelables pouvant être mis en oeuvre dans le cadre du MDP.

 A l’issue de l’identification des projets prioritaires à mettre en oeuvre dans le cadre du MDP, un important projet relevant de la gestion intégrée des déchets a été lancé en Tunisie, englobant, entre autres, l’exécution de deux projets MDP :

● Projet de récupération et de torchage du gaz méthane dans la décharge contrôlée de Djebel Chekir; ce qui devrait permettre une importante réduction des émissions de GES de l’ordre de 3,7 millions de TE-CO2 sur une période de dix ans allant de 2007 à 2016. Ce projet a été enregistré par le Conseil

Exécutif du MDP en octobre 2006.

● Projet de récupération et de torchage du méthane dans 9 décharges  contrôlées réparties sur l’ensemble du pays. Les réductions d’émissions sont estimées à 3,2 millions de TE-CO2 sur dix ans entre 2007 et 2016. Ce projet a été enregistré par le conseil exécutif du MDP en novembre 2006.

Les revenus issus de la vente des Unités de Réduction Certifiée des Emissions (URCEs) de ces deux projets seront consacrés à la réalisation de nouveaux projets de réhabilitation de décharges spontanées, d’aménagement de nouvelles décharges contrôlées, de réhabilitation de zones polluées et de développement du système de gestion des déchets en Tunisie.

Par ailleurs, le Bureau National du MDP a approuvé, au cours de ses réunions tenues au cours de 2006,

 Trois autres projets MDP :

● Projet de développement de l’utilisation de l’énergie solaire pour le chauffage de l’eau. Ce projet vise la commercialisation et l’installation de 675000 m2 de capteurs solaires entre 2007 et 2016; période préconisée d’exécution du projet, et, par là, la réduction des émissions de GES de l’ordre de 570000 TE-CO2 au cours de la même période.

● Projet d’efficacité énergétique dans le réseau de l’éclairage public qui devrait permettre une importante économie d’énergie primaire indispensable à la production d'électricité d’environ 310 mille tonnes équivalent pétrole (TEP) et une réduction des émissions de GES de plus de 660 milleTE-CO2.

● Projet de mise en place, dans une cimenterie, d'éolienne pour l'autoproduction d’électricité d’une capacité de 14 mégawatts. L’économie d’énergie primaire prévue dépasse 80 mille TEP et la réduction des émissions de GES serait de l’ordre de 22 milleTE-CO2 annuellement sur une période de comptabilisation de 21 ans.

Parallèlement à ces activités, de nombreux projets sont en cours d’élaboration dans le cadre du MDP avec la coopération des organismes et des entreprises concernées et le soutien de nombreuses institutions internationales notamment la Banque Mondiale, dont :

● Projets de récupération et de torchage du méthane et de production électrique dans les décharges contrôlées.

● Projets de cogénération dans plusieurs entreprises industrielles.

● Projets d’électrification rurale et de pompage des eaux avec l’énergie solaire.

● Projets d’exploitation des gaz torchères sur les sites de production du pétrole et du gaz naturel.

● Projet de développement du transport public dans le Grand-Tunis.

● Projets d’exploitation de l’énergie éolienne pour la production de l'électricité.

● Projets de substitution du fuel par le gaz naturel dans différentes zones industrielles.

● Projet de réduction des émissions de l'oxyde nitreux dans les unités de production de l’acide nitrique du Groupe Chimique Tunisien, ce qui devrait aboutir à une réduction des émissions de GES de plus de 260 mille TE-CO2 annuellement.

● Projet de reboisement forestier par des variétés de Pin Pignon et d’Eucalyptus astringes sur une superficie de 15440 ha, devant permettre l’absorption d’environ 12 millions de TE-CO2 sur une période s’étalant de 2009 à 2037 et dégager d’importants revenus à partir des ventes des certificats de réduction des émissions.

Actuellement, une étude est menée pour la plantation de Jatropha sur une superficie de 15000 ha, en vue de produire du biodiesel, dans les régions arides et semi-arides, dans le cadre d’une stratégie globale visant :

● L'exploitation des opportunités offertes par le MDP pour dégager d’importants bénéfices de la vente des quantités de Carbone que les plantes de Jatropha sont susceptibles d’absorber.

● la valorisation des terres à faible rendement agricole dans les régions arides et semi-arides.

● La contribution dans la lutte contre la désertification et l’érosion, et la protection du littoral et des ressources naturelles.

● La valorisation des eaux usées traitées et l'évitement de leur rejet dans l’environnement marin.

● la production d’huiles à exploiter comme biodiesel et, ainsi, l'appui des orientations nationales en matière d’exploitation des énergies renouvelables et de substitution.

● La création de sources de revenus et de nombreux postes d’emploi à partir de l’exploitation agricole de ces terres, et industrielle avec la transformation et la production des huiles extraites des graines de Jatropha.

 A l’échelle de la coopération bilatérale, la Tunisie a procédé à la signature de conventions avec plusieurs pays industrialisés afin de promouvoir l’exécution des projets MDP. Dans ce cadre, des mémorandums d’accords ont été signés avec la France, l’Italie et l'Allemagne, outre les mémorandums qui ont été signés avec l’Autriche, le Canada et le Portugal.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PROGRAMMES ET PROJETS EN COURS D’EXÉCUTION DANS LE CADRE DU CHANGEMENT CLIMATIQUE ET LA PROTECTION DE LA COUCHE D’OZONE

PROJET D'APPUI À LA MISE EN OEUVRE DE LA CONVENTION SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Ce projet vise :

● Le développement des capacités nationales en matière de conception et de suivi de la mise en œuvre des projets MDP.

● Le développement des capacités nationales en matière d’évaluation des effets potentiels des changements climatiques et l’identification des moyens de riposte et d'adaptation.

● L'intégration de la question des changements climatiques dans les stratégies sectorielles de développement.

● L'appui à l'implémentation de projets MDP en Tunisie et la réalisation des études relatives à ces projets.

● L'élaboration d’un portefeuille national de projets d’adaptation aux changements climatiques et de prévention de leurs impacts sur les secteurs prioritaires.

PROJET D’ÉLIMINATION DES SUBSTANCES AGISSANT SUR LA COUCHE D’OZONE

La couche d’ozone représente un bouclier protecteur de toutes les formes de Vie sur la Terre contre les rayons ultra violet nocifs du type B (280-320 nanomètres).

La Tunisie a été l’un des premiers pays à ratifier le protocole de Montréal relatif aux substances appauvrissant la couche d’ozone le 25 septembre 1989, ainsi que les amendements de ce Protocole de 1993, 1995 et 1999. Afin de participer à l’effort international de concrétisation des objectifs du Protocole de Montréal, la Tunisie a entamé, dès 1994, la réalisation d’un projet national aux objectifs  suivants :

● Elimination des substances agissant sur la couche d’ozone dans les domaines suivants :

❏ Réfrigération (CFC11, CFC12)

❏ Lutte contre les incendies (Halons)

❏ Fabrication de la mousse (CFC11)

❏ Traitement des dattes (Bromures de méthyle)

● Renforcement de la sensibilisation contre les substances appauvrissant la couche d’ozone.

 

ETAT D’AVANCEMENT DU PROJET ET PRINCIPAUX RÉSULTATS ENREGISTRÉS

La plupart des composantes du projet ont été réalisées et ce dernier a contribué à l’élimination de 1025,4 tonnes de substances appauvrissant la couche d’ozone.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

RENFORCEMENT DE LA SENSIBILISATION ET DE LA CONSCIENTISATION DANS LE DOMAINE DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Au cours de l’année 2006, nombreux programmes ont été réalisés et des activités organisées pour mieux faire connaître les changements climatiques et les questions se rapportant à ce phénomène global auprès des jeunes et du public en général. D'autres activités visant à faire connaître les opportunités offertes par le MDP auprès des porteurs de projets et des partenaires économiques ont également été menées.

Parmi ces activités, on peut citer:

● La création d’un site web sur le MDP en Tunisie en vue d’être un portail de dialogue et de communication avec les différents intervenants et promoteurs de projets nationaux et internationaux, ainsi qu’un site d’attraction des financements extérieurs susceptibles d’activer la mise en œuvre du portefeuille national de projets MDP.