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Dépollution industrielle  


Introduction

L’activité industrielle en Tunisie est diversifiée et s’est régulièrement accrue au cours des vingt dernières années. Les activités les plus importantes, du fait de leur taille et de leurs impacts sur l’environnement, sont : l’agro-alimentaire, l’extraction minière, la transformation des phosphates, l’industrie des matériaux de construction, la production d’énergie et l’industrie du textile. D’autres activités de moindres importances telles que le tannage du cuir, les petites industries mécaniques et chimiques, etc, pourraient de même être citées. Ces petites industries, dispersées et de ce fait difficiles à contrôler, sont à l’origine de fortes charges polluantes.

 

Cette activité se déroule principalement autour des grandes agglomérations urbaines (tunis, Bizerte et Menzel Bourguiba, Sfax, Gabès, Gafsa et Kasserine) et le long des côtes où est concentré environ 80% de la population. En fait, 13% des unités industrielles sont considérées polluantes.

 

 

 

Le gouvernement tunisien, convaincu de la compatibilité entre les impératifs du développement et les exigences de la protection de l’environnement, a adopté une stratégie reposant sur le concept du développement durable. Ce choix a conduit à la mise en œuvre d’une politique visant la reconstitution et la restauration des milieux et zones fortement touchés par la pollution industrielle grâce à des programmes d’urgences. Sur le long terme, cette politique se donne pour objectif de contenir les pollutions dans les limites acceptables, définies par des normes. Un programme national d’actions est alors engagé depuis le VIIIème plan de développement.(1992 - 1996)

 

Ce programme est axé sur des éléments fondamentaux qui sont :

 

-          Le traitement de la pollution générée par les pôles industriels,

-          La réhabilitation et la rénovation de l’infrastructure des zones industrielles vétustes,

-          Elaboration d’études de diagnostic et d’évaluation de la situation,

-          La mise en place de mécanismes économiques et d’incitation en vue d’aider les industriels à lutter contre la pollution au niveau de leur entreprises (Fonds de dépollution, code d’incitation aux investissements…).

 

 

A-      LES POLES INDUSTRIELS

 

 GABES

 

Les usines de transformation de phosphates installées sur le littoral dans le golfe de Gabès (vers le sud est du pays), génèrent 12 milles tonne de phosphogypse par jour et des quantités importantes en SOx et NOx.

 

Le phosphogypse est déversé dans la mer. Afin de réduire cette pollution marine, le gouvernement tunisien a décidé de transférer ces quantités de déchets vers un site terrestre. Le projet a démarré avec des études techniques relatives aux choix du site pour le stockage du phosphogypse et de son transport. La dernière étude se rapporte aux impacts du projet sur l’environnement.

 

La réalisation concrète du projet va démarrer prochainement pour une durée de deux ans.

 

 

 SFAX  

 

Plusieurs actions ont été prises dans la ville de Sfax (au sud est du pays)  pour lutter contre la pollution.

 

Les actions menées sur terrain ont visé principalement l’arrêt des sources de pollution et la réalisation des travaux préparatoires liés au projet.

 

Toutes les usines NPK de transformation du phosphate ont été fermées depuis le début des années 1990. Les zones industrielles La poudrière I et II, attenantes à ces usines, ont été réhabilités et réaménagées. Elles ont été raccordées au réseau d’assainissement et 70% des entreprises industrielles ont été équipées en unités de traitement primaire.

 

Les anciens bâtiments de la NPK ont été détruits et une grande partie du littoral, situé à proximité, a été nettoyée. Une rocade en direction de Sidi Mansour a été construite et une première tranche du projet du parc public « Montazah Al Khalij » a été réalisée.

 

Le projet en soi est composé de deux phases une première phase de dépollution et ensuite la phase d’aménagement. Le coût de la phase de dépollution est estimé à 91 millions de dinars. La durée des travaux est de vingt huit mois.

 

Les travaux de dépollution permettent de gagner des terrains sur la mer après remblaiement, la surface d’intervention du projet est de 260 ha dont 32 ha de terrains existants.

 

Le plan d’aménagement de la zone, centre urbain Taparura, comprend trois entités :

 

-          L’aménagement d’un parc urbain important de 72 ha sur le dépôt de phosphogypse après son ramassage, son isolement et sa couverture avec du remblai. La hauteur de ce parc est de 15m au dessus du niveau de la plate forme.

 

-          L’aménagement d’une promenade de longueur approximative de 3km le long de la plage réhabilité d’un côté et la route de corniche projetée de l’autre côté.

 

-          L’aménagement d’espaces pour musée océanographique, aquarium, aqualand et club nautique.

 

 

BIZERTE

 

Une étude sur la dépollution du bassin versant du lac de Bizerte a démarré en 2003. Elle comprend trois phases. La troisième et dernière phase de l’étude vient d’être achevée. Des cahiers de charges techniques pour la dépollution des principales unités industrielles polluantes sont élaborées. Des actions de dépollution et d’aménagement du lac sont proposées. Un plan de suivi du plan d’eau est aussi proposé.

 

Une étude sur l’amélioration de la qualité de l’air à Bizerte a démarré depuis 2004. La première phase de l’étude a été achevée. L’objectif de cette étude est d’inventorier toutes les sources de pollution atmosphérique de la région et d’évaluer l’impact sanitaire et environnemental de ces émissions.

 

 

 KASSERINE

 

La Société Nationale de Cellulose et de Papier Alfa (SNCPA) a été créée en 1959.  Elle est la première industrie cellulosique en Tunisie.  Elle est implantée à Kasserine. 

 

L’usine de la SNCPA produit de la pâte à papier à base d’Alfa pour exportation, et du papier à partir de pâte importée pour le marché local.  

 

Pour les besoins de l’usine de pâte, la SNCPA a produit entre 1963 et 1998 de la soude, du chlore, de l’acide chlorhydrique et de l’hypochlorite de calcium dans une unité d’électrolyse utilisant un procédé à mercure. Durant cette période, des quantités importantes de mercure ont été déversées directement dans le milieu récepteur. Cette unité a été abandonnée en 1998 et remplacée par une unité à membrane non polluante.

 

Soucieux de l’impact des rejets de mercure sur l’environnement, le gouvernement tunisien a entrepris en 1998 une étude préliminaire pour déterminer la zone potentiellement contaminée par ces rejets et leur impact sur l’environnement. 

 

Une étude d’Avant Projet Détaillé est en cours.  Elle consiste essentiellement en :

 

-                      La caractérisation d’une manière détaillée de la contamination du site et des équipements par le mercure : délimitation des zones contaminées et estimation des quantités de mercure dans ces différentes zones.

 

-                      L’évaluation de l’impact potentiel de la contamination par le mercure sur la santé et l’environnement.

 

-                      Le choix d’une solution de dépollution optimale.

 

Cette étude d’APD est financée par l’Agence Canadienne de Coopération Internationale (ACDI). La première phase de cette étude est achevée.

 

 

GAFSA

 

La Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) a élaboré une étude de diagnostic de la situation environnementale dans la région et de l’impact socio-économique de la boue générée par les lavoirs d’enrichissement du phosphate, cette étude propose également des scénarios pour la gestion écologique de la situation.

 

Le scénario adopté récemment consiste à stocker ces déchets dans des décharges aménagées sur des sites ayant des caractéristiques géologiques et topographiques bien précises et adaptées. Ce scénario permet notamment de récupérer 25% des quantités d’eaux usées.

 

Parallèlement, la CPG a entamé l’élaboration d’un cahier des charges et la préparation d’un appel d’offres pour l’aménagement d’une décharge destinée au dépôt de la boue provenant des lavoirs de Redeyef (village dans le gouvernorat de Gafsa sud-ouest de la Tunisie), pour expérimenter le scénario proposé par l’étude visant à protéger la région des dangers qui la menacent. Les travaux de réalisation de la décharge devraient démarrer début 2004.

 

Sur un autre plan, la CPG se propose d’intensifier le recours au gaz naturel, au lieu du fuel lourd, pour le séchage de quantités de phosphates destinées à l’exportation. Cette solution favorisera notamment la réduction des émissions de gaz nocifs.

 

 

 

B-       LES PROJETS D’AMENAGEMENT DES ZONES INDUSTRIELLES

Le programme de l’Agence Foncière Industrielle (AFI), pour la période du 10ème plan (2002 - 2006), porte sur: 

 

-          L’aménagement de 18 zones industrielles couvrant une superficie de 642 ha, dont 7 zones inscrites dans le 9ème plan de développement (1997 - 2001).

 

-          La programmation de l’aménagement de 11 zones industrielles qui couvrent une superficie de 385 hectares.

 

-          La construction de 27 établissements industriels sur une superficie de 51.700 mètres carrés.

 

Concernant l’état d’avancement de la réalisation de ce programme au cours des années 2003 et 2004 huit (8) zones industrielles ont été aménagées. Elles couvrent une superficie de 249 ha.

 

Il est programmé d’achever l’aménagement de sept autre zones, dont la superficie est de 228 ha, au cours de l’année 2005.

 

La totalité du programme sera achevé en 2006.

C-       LE PROGRAMME DE REAMENAGEMENT DES ZONES INDUSTRIELLES

En plus du programme national d’aménagement de nouvelles zones industrielles, un autre programme, portant sur le réaménagement des espaces déjà existants, a été mis au point. Ce programme englobe 58 zones industrielles qui couvrent une superficie de 1480 ha.

Les travaux de réaménagement visent la réhabilitation des équipements collectifs et à améliorer l’environnement extérieur de l’entreprise industrielle et, partant, à assurer la mise à niveau du tissu industriel, de manière à répondre à l’impératif de protection de l’environnement et à garantir un développement durable.

D-       LE FOND DE DEPOLLUTION 

Le fond de dépollution a été créé en Décembre 1992, dans le cadre d’une approche « thérapeutique » dans l’objectif essentiel d’aider les entreprises industrielles créées avant la publication du décret relatif à l’étude d’impacts écologiques (1991) à engager des investissements pour éliminer la pollution industrielle générée par leurs activités.

 Depuis sa création le Fond de Dépollution a contribué au financement de 352 projets qui ont bénéficié de subventions d’une valeur totale de 18,8 millions de dinars.

 Sur ce montant 9,3 millions de dinars ont permis aux industriels de créer 84 unités de collecte et de recyclage des déchets dans les régions du pays, et 9,5 millions de dinars ont été consacrés à l’élimination de la pollution et à la mise à niveau environnementale de quelques 268 entreprises industrielles opérant dans divers secteurs d’activité.

 

E-       Études stratégiques

-          Étude stratégique de production plus propre.

-          Étude prospective sur les programmes et les instruments de lutte contre la pollution industrielle.

-          Etude de la qualité de l’air et de la pollution atmosphérique en Tunisie.

-          Etude systémique du secteur de l”emballage en Tunisie

F-       Etudes de diagnostic et projets pilotes

-          Inventaire des GES/POPs (les pollutions organiques persistant).

-          Études sur les déchets industriels (dangereux et autres)/plans de gestion.

-          Étude de réhabilitation des sites pollués en Tunisie

-          Valorisation des résidus organiques.

-          Projets pilotes de mise à Niveau environnementale.

-          Installation d’un réseau de contrôle de la qualité de l’air.

-          Traitement commun des rejets industriels :(Textile, cuir..)