

Grâce à l'effort de mobilisation de la stratégie en cours, le bilan
des ressources/demandes devrait rester largement excédentaire en
2010 avec une demande de 2689 millions de m3 et des ressources
conventionnelles exploitables de 3090 millions de m3.
Evolution de la demande en eau

Le recours au dessalement d'eau de mer ou d'eau saumâtre devrait
s'imposer pour répondre aux besoins en eau potable du Sud-Est du
pays. Le renforcement de la politique de réutilisation des eaux
usées traitées devrait quant à lui amener le volume d'eau exploité à
100 millions de m3/an. Au-delà de 2020 un déséquilibre va apparaître
entre les ressources conventionnelles exploitables et la demande en
eau du pays entraînant par là-même l'accroissement du recours aux
eaux non conventionnelles. En 2030 il est prévu en effet que la
demande soit supérieure aux ressources conventionnelles exploitables
Les efforts considérables de mobilisation des ressources en eau
atteignant à plus ou moins long terme leurs limites tant physiques
qu'économiques. Les efforts à mener au cours des prochaines
décennies doivent se focaliser sur une gestion plus efficace de la
ressource qui devient, elle, de plus en plus rare.
Dans le cadre de la gestion intégrée des ressources en eau
souterraine et de surface et de la valorisation des eaux de surface
difficilement régularisables, la recharge artificielle de la nappe
est une composante très importante pour l’optimisation de la
mobilisation des ressources en eaux de surface essentiellement
pendants les périodes excédentaires afin d’augmenter le potentiel
exploitable des nappes surtout pendant les périodes de sécheresse.
Le programme de construction des ouvrages hydrauliques devrait
permettre de résoudre en grande partie les problèmes de dégradation
qualitative et quantitative des nappes phréatiques et de certaines
nappes souterraines par la recharge de ces nappes. Le volume d’eau
de recharge artificielle passera à plus de 200 millions de m3 /an en
2030 par l’intermédiaire des eaux mobilisées par les barrages et les
retenues collinaires, ainsi que par les travaux de conservation des
eaux et du sol.

Afin de maîtriser la demande et d'en alléger la pression sur la
ressource, l'économie d'eau reste une des actions à privilégier dans
un système de gestion de la demande (30% d’économie sur les eaux
conventionnelles vers l’année 2030). L'agriculture consommant plus
de 80% des volumes d'eau distribués ; c'est principalement au niveau
de ce secteur que les efforts sont concentrés moyennant des mesures
de renforcement des programmes d’entretiens et de maintenance des
équipements hydrauliques, de modernisation, de réaménagement, de
sensibilisation, de formation, d’incitation financière et
encouragements, etc ...
La sensibilisation à la valeur de la ressource " eau " et à la
nécessité des économies d'eau ainsi que l'éducation-formation sont
également des mesures d'accompagnement particulièrement importantes
qui peuvent agir sur les comportements individuels vis à vis de la
ressource.
C’est dans ce cadre qu’a été élaborée l’Etude relative à « la
campagne de sensibilisation de la population à l’économie de l’eau à
l’intérieur des maisons et des établissements publics (y compris les
établissements scolaires) dans le cadre du projet d’Investissement
dans le secteur de l’eau
(PISEAU, 2001-2006)
dont l’un des principaux résultats attendus est la planification
d’une stratégie d’intervention et cela par l’élaboration d’un plan
d’action pour la mise en œuvre de la stratégie de sensibilisation
L'évolution relative de la demande en eau à long terme devrait être
marquée par la baisse dans les années à venir de la part des volumes
d'eau consommés par l'agriculture
Demande en eau : évolution de la part relative des secteurs
|
|
1996 |
2010 |
2020 |
2030 |
|
Eau potable |
11,5% |
14,2% |
16,1% |
17,7% |
|
Eau d'irrigation |
83,7% |
79,6% |
76,6% |
73,5% |
|
Eau touristique |
0,7% |
1,2% |
1,3% |
1,5% |
|
Eau industrielle |
4,1% |
5,0% |
6,0% |
7,3% |
Source en eau 21 édition 2000 - Ministère de l'Agriculture
et des Ressources Hydrauliques
Cette diminution devrait être sensible après 2010 où parallèlement à
une extension plus lente des superficies irrigables on peut
envisager une baisse de la consommation à l'hectare à l'échelle
globale du pays qui devrait résulter de la politique d'économie
d'eau mise en place (rationalisation de la tarification,
encouragement aux techniques d'économie et aux variétés moins
consommatrices d'eau, amélioration de l’efficience des réseaux
d’adduction et de distribution des eaux…). Cette baisse pourrait
également provenir d'une réallocation des volumes distribués selon
le degré de valorisation de la ressource qui devrait être induite
par une demande croissante d'eau de bonne qualité par les autres
secteurs.