
L'exploitation des ressources non conventionnelles dont les eaux
usées traitées et des eaux saumâtres et marines figure parmi les
orientations de la stratégie nationale de mobilisation des
ressources en eaux.
Même si les eaux usées traitées ne comptent que pour près de 5% des
ressources disponibles, elles présentent l'avantage de la stabilité
par rapport à celles liées à la pluviométrie. En outre, sur le plan
environnemental, leur mobilisation évite des impacts résiduels liés
aux rejets dans les différents milieux récepteurs. L'ONAS exploite
actuellement 75 stations d'épuration et les quantités d'eaux
traitées ont atteint 192Mm3 en 2004 dont le 22 %
environ de ce volume ont étés réutilisés et ce malgré tous les
encouragements à cette réutilisation particulièrement au plan
tarifaire, ce qui est largement en deçà des espérances des
autorités. Ce volume est utilisé en agriculture (irrigation
fourragère, industrielle, forestière,…), pour les besoins du
tourisme (terrains de golf, jardins d'hôtels,…) et en milieu urbain
(irrigation des espaces verts). Avec le développement urbain et les
efforts croissants d'assainissement, ce volume ne cessera
d'augmenter et devrait se situer autour de 250 Mm3 vers 2030.
L’utilisation de ces eaux demeure limitée à certaines cultures
autorisées à l’irrigation des espaces verts, alors que la quantité
traitée dans les stations d’épuration évolue au rythme de 8% par an
et que le taux d’utilisation de ces eaux stagne dans les limites de
24%. Cette situation s’explique par :
-
l’existence de ressources hydriques conventionnelles à proximité des
stations d’épuration, surtout dans le nord du pays
-
Le déficit enregistré au niveau de stockage des eaux traitées dans
les périmètres irrigués en raison du manque des réservoirs
suffisants pour équilibrer la demande, en fonction des saisons.
A cause de la demande limitée de ces eaux en agriculture, le
développement de nouveaux usages des EUT est à chercher dans les
secteurs autres que les périmètres irrigués. Ce qui est l’intitulé
de l’étude de rentabilité de réutilisation des eaux usées traitées
dans les secteurs autres que les périmètres irrigués » en cours de
réalisation dans le cadre du projet d’Investissement dans le secteur
de l’eau
(PISEAU, 2001-2006).
Cette étude a pour objectif :
-
l’économie de l’eau dans le secteur industriel, les municipalités,
le secteur touristique et environnemental et ce, en remplacement des
eaux conventionnelles
-
La valorisation des eaux usées traitées disponibles
-
Le développement des ressources additionnelles,
-
La préservation des ressources naturelles.
Le développement de la réutilisation des eaux usées traitées doit
cependant se faire en suivant une démarche avisée assurant le
meilleur équilibre possible des résultats sur les plans sanitaire,
environnemental et économique.
Et dans ces résultats pourront être amélioré suite à la
valorisation des eaux usées traités moyennant un traitement
complémentaire (secondaire amélioré ou tertiaire).
Le dessalement est encore une option coûteuse. Cependant, avec la
tendance à la baisse de ses coûts, cette méthode pourrait devenir
une alternative intéressante, notamment pour les eaux saumâtres dans
les régions où les ressources en eaux conventionnelles sont de
qualité médiocre ou insuffisante.
La Tunisie dispose d’un potentiel de nappes saumâtres, situées
essentiellement dans le sud du pays. L’osmose inverse a permis de
valoriser ce potentiel pour le rendre disponible pour l’eau potable.
Le dessalement de l’eau saumâtre a débuté en Tunisie depuis 1983. La
capacité totale actuelle de dessalement destinée à cet usage est
installée par la
SONEDE est de l’ordre de 58.800 m3/jour (Gabès,
Kerkenah, Jerba et Zarzis).
La capacité totale installée par les autres secteurs (tourisme et
industrie) est de l’ordre de 44.000 m3/jour. LA principale
technologie utilisée est l’osmose inverse.
Des encouragements sont alloués au secteur privé pour opter aux
techniques de dessalement de l’eau. Le dessalement d’eau de mer
atteindra 50 millions de m3 en 2030.
Dans le cadre du dixième plan quinquennal (2002-2006) il est prévu
de réaliser, en milieu rural, des projets d’amélioration de la
qualité de l’eau potable pour les groupements d’habitants dont le
nombre dépasse 4000 habitants et dont la salinité de l’eau dépasse 2
g/l. ces projets concernent quatorze régions et 321.000 habitants.
Dans ce même contexte, il est prévu de réaliser, au cours de la
période 2007-2012, quatorze autres projets dans des zones rurales
dont la salinité de l’eau se situe entre 1.5 et 2 g/l. Le nombre
d’habitants qui bénéficieront de ces projets est estimé à 394.000
habitants.
Le total des habitants en milieu rural qui bénéficieront des projets
d’amélioration de la qualité de l’eau potable est évalué à 715.000
habitants.