La stratégie de la
Conservation des Eaux et du Sol (C.E.S.) depuis
1990. court et moyen terme : Actions et interventions de lutte.
Afin d'assurer la protection des sols, un programme national de
lutte contre l'érosion a été élaboré. Ce programme met en
exergue la stratégie adoptée en matière de lutte contre
l'érosion et planifie les actions à entreprendre jusqu'à la fin
de l'année 2000. Il est composé de projets couvrant tout le
territoire tunisien. Ces projets préconisent une approche
multidisciplinaire qui tient compte des aspects
technico-socio-économiques de chaque zone de projet.
En matière de conservation des eaux et du sol environ, 1 million
d'ha de terres érodées ont été aménagées. L'actuelle stratégie
décennale s'appuie sur l'aménagement des bassins versants, la
protection des terres à céréales (du Nord et du Centre) et
l'implantation de barrages et de lacs collinaires.
Les projets proposent des solutions qui constituent des
compromis entre le maximum d'efficacité technique et la
rentabilité économique. En effet, l'objectif visé est celui de
l'augmentation de la production agricole, la protection de la
ressource et l'amélioration du niveau de vie de la population
concernée par ces projets. Ils concernent l'aménagement d'un
million d'hectares :
672.500
ha dans les bassins versants et les terres en pente.
305.000
ha dans les terres à vocation céréalière.
La
construction de 1.000 lacs collinaires ( plus 500 unités
sont déjà réalisées ).
La
construction de 2.120 ouvrages d'épandage des eaux des
crues. (réalisation de 2457 unités).
La
construction de 2.170 ouvrages de recharge des nappes.
La
sauvegarde et l'entretien de 858.000 ha.
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Remise en état des terres dégradées |
Unité : 1000Ha |
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Terre en voie de régénération |
1990-2001 |
2002-2003 |
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Restauration des terres
arables dégradées (km²) |
1835.5 |
142.2 |
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Restauration des parcours
dégradés (km²) |
592 |
195.14 |
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Restauration des forets
dégradés (km²) |
320 |
60.518 |
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Source : Stratégie des Ressources Naturelles 2003 |
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La stratégie nationale de forestation s'intègre également dans
la préservation des ressources naturelles et surtout la fixation
du sol, composée par de projets de :
Plantations
forestières : 154.000 ha.
Plantations
fourragères 150.000 ha.
Aménagement
des parcours 130.000 ha.
Protection
des zones humides 19 zones.
Pour arrêter la mobilité des sables et en tenant compte des
transports annuels évalués entre 50 et 200 t/ha/an, 40.000 ha de
dunes ont été fixées, 4000 km "brise-sable" ont été crées afin
d'aboutir à 8000 km de rehaussement à la fin du 10ème plan (2002
- 2006). La
superficie globale protégée est de l'ordre de 100.000 ha
groupant plus de 62 oasis et 42 périmètres irrigués.
Une meilleure connaissance de nos sols
Et cela par l'établissement d'un schéma directeur ainsi qu'un
inventaire de la ressource sur des documents à grande échelle,
et prendre connaissance de l'état de la dégradation (hydrique -
salinisation) tout en indiquant les zones prioritaires
d'intervention (rouge - orange - verte).
Une meilleure surveillance de la ressource:
Création de bases de données, d'observatoires socio-économique
,de laboratoires d'analyses, de système d'alterte et de
législation relative (lois 83-89) à la protection des terres
agricoles et des implantations de carrières).
Une meilleure sensibilisation et vulgarisation
des résultats de la recherche :
Réaliser des guides, permettre une bonne attribution des sols,
participation des paysans aux programmes de développement
intégrés, ainsi que leur participation dans le cadre des AIC
(association d'intérêt collectif).
Politique de protection, d'aménagement
et d'utilisation des sols
-
Identifier
les données de base concernant la fertilité
et améliorer l'intensification
Les études sur la fertilité chimique des sols
tunisiens sont inexistantes, concernant aussi bien
pour la matière organique que pour les éléments
nutritifs. De ce fait, il n'est pas possible de
dresser actuellement un état même partiel de la
fertilité chimique des sols en question. On sait que
les sols de texture fine (du Nord du pays) sont
naturellement riches en potassium et qu'il doit
exister de grandes différences de richesse de cet
élément entre les sols. La majorité des sols est
pauvre en matière organique et les deux tiers au
moins des sols céréaliers du Nord sont suffisamment
pourvus en phosphore. Pour les micro-éléments,
excepté le fer, rien ne peut être avancé ; vu que
les connaissances dans ce domaine sont pratiquement
inexistantes.
En conséquence, étant donné l'intérêt et l'utilité
d'une connaissance approfondie de la fertilité
chimique des sols pour l'agriculture tunisienne et
l'environnement, il importe d'entreprendre des
travaux d'étude et de recherche dans ce domaine à
moyen et long terme par la couverture de toute la
Tunisie fertile (cartes des ressources en sols).
- La fertilisation
Les programmes de recherche en fertilisation à
entreprendre sont des programmes d'envergure et de
long terme. Actuellement il faut démarrer des
actions sur l'importance de la fumure organique et
l'agriculture biologique dans toutes les régions
tunisiennes.
Vocation régionale
des sols

-
La réserve hydrique, une question primordiale pour
un pays à tendance aride
Le rôle original des sols dans la répartition des
végétaux apparaît par les réserves hydriques des
terres. Il est essentiel d'autant plus que le milieu
est aride : la rareté des pluies aboutit à une
hiérarchie dans la valeur des sols, très différente
de celle des régions humides.
Il est observé trois adaptations des plantes,
s'appuyant plus ou moins sur des facteurs
climatiques ou édaphiques.
- celles qui sont adaptées aux seules
précipitations et aux condensations presque sans
réserves édaphiques (Nord, Nord Est).
- celles qui utilisent les réserves du sol
seulement comme correctif aux variations de la
climatologie locale (Centre, Centre Est).
- celles qui exigent les réserves d'une nappe
phréatique ou profonde pour compenser le manque
de pluies (Oasis du Sud).
Une meilleure connaissance du comportement hydrique
des sols permet dans une large mesure à mieux gérer
l'eau à la parcelle en système irrigué.
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Prévention et restauration (dans
le temps et dans l'espace) : moyens à mettre en œuvre .
|
- Des
actions curatives immédiates pour réparer les
premiers dégâts.
- travaux de correction
- travaux d'aménagements, conservation des eaux
st des sols - (l'actuelle stratégie en
exécution).
- Système d'évaluation
de la dégradation et de la désertification
(observatoire régionaux pour la collecte des données et
la sensibilisation des agriculteurs et du cadre
technique, stations de mesure, cartographie à grande
échelle et veille satellitaire). Ce système permet de
voir essentiellement les composantes ci-après :
potentiel
d'utilisation des terres et l'utilisation
optimale des ressources pédologiques en fonction
des besoins climatiques des cultures :
précipitation et humidité du sol .
Processus de dégradation
des sols

maintien
de la fertilité du sol et la promotion de
l'utilisation adéquate des engrais et des techniques
culturales adaptées.
Proposition
de bilans minéraux des systèmes de culture prenant
en compte les apports (dépôts secs, fumier et
résidus de récolte, engrais et amendements) et les
exportations (érosion, sortie de produits agricoles,
lessivage), pour pouvoir ensuite conseiller les
agriculteurs en fonction de leurs objectifs.
Encouragement
des systèmes traditionnels d'exploitation (meskats,
jessours, système oasien) vis à vis de techniques
importées et de la mécanisation anarchique (polydisques
dans le Sud).
Consolidation
du cadre juridique et législatif sur la protection
des terres agricoles et la conservation des eaux et
du sol (loi 1983, code CES 1995), le renforcement
des institutions qui ont la responsabilité de
veiller sur ce potentiel.
Parallèlement, un programme de contrôle de l'évolution
des sols sous irrigation permet de mener à bien les
différentes actions :
Certaines actions sont déjà
menées dans le cadre d'un réseau d'observatoires
ou au niveau de parcelles d'essai. (Ministère de l'Agriculture
et des Ressources en Eaux,
Ministère de l'Environnement et du Développement
Durable). |
ATTRIBUTION DES TERRES ET DYNAMIQUE
DES MILIEUX
SELON UN BASSIN VERSANT
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PROCESSUS OBSERVES
ET UTILISATION |
TYPE DE SOL
|
DYNAMIQUE DE LA
DEGRADATION |
ATTRIBUTION REELLE
|
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A/ déforestation |
-
|
-
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- forêt |
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B/ céréaliculture sur forte pente |
- sols peu évolués rendzines |
- décapage superficiel - mouvement de masse
|
- forêt et parcours forestier |
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C/ mécanisation et façon culturale inadequate
|
- pente > 15% |
- augmentation du ruisellement (érosion hydrique ravine)
|
- ouvrages de retention d'eau - arboriculture
|
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D/ parcours de régions arides |
- sols squelettiques encroûtés |
- mobilisation des sables (érosion éolienne)
|
- parcours steppiques |
|
E/ gestion des périmètres irrigués conduite et surveillance
|
- sols hydromorphes salés |
- salinisation remontée de la nappe |
- assollement - polyculture |
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F/ extension urbaine sur les terres agricoles
|
- sols fertiles de culture (isohumiques vertisols) - sols forestiers
|
- regression des surfaces agricoles utiles |
- espaces pour l'approvisionnement de la ville en produits
agricoles. - espace vert. |